Tout catholique doit-il être contre-révolutionnaire ?

Dans la mesure où il est apôtre, le catholique est contre-révolutionnaire. Mais il peut l’être de diverses manières.

Plinio de Oliveira

A – Le contre-révolutionnaire implicite

Il peut l’être implicitement et pour ainsi dire inconsciemment. C’est le cas d’une soeur de la charité dans un hôpital. Son action directe a pour but la guérison des corps et surtout le bien des âmes. Elle peut exercer cette action sans parler de Révolution et de Contre-Révolution. Elle peut même vivre dans des conditions si spéciales qu’elle ignore le phénomène Révolution et Contre-Révolution. Cependant, dans la mesure où elle fait réellement du bien aux âmes, elle fait obligatoirement reculer dans celles-ci l’influence de la Révolution, ce qui est faire implicitement de la Contre-Révolution.

B – Modernité d’une explicitation contre-révolutionnaire

A une époque comme la nôtre, immergée dans le phénomène Révolution et Contre-Révolution, il semble sage et moderne de connaître ce phénomène à fond et d’adopter à son égard l’attitude perspicace et énergique que les circonstances exigent.

Nous croyons ainsi hautement désirable que tout apostolat ait aujourd’hui, chaque fois que le cas s’en présente, un but et un ton explicitement contre-révolutionnaires.

Autrement dit, nous jugeons que l’apôtre réellement moderne augmentera beaucoup l’efficacité de son travail, quel que soit le champ d’activité auquel il se consacre, s’il sait reconnaître la Révolution dans ce domaine et marquer tout ce qu’il fait d’un cachet contre-révolutionnaire.

C – Le contre-révolutionnaire explicite

Toutefois il est licite – c’est indéniable – que certaines personnes s’assignent comme tâche propre un apostolat spécifiquement contre-révolutionnaire, dans les milieux catholiques et non-catholiques. Elles le feront en proclamant l’existence de la Révolution, en décrivant son esprit, sa méthode, ses doctrines et en incitant chacun à participer à l’action contre-révolutionnaire.

Elles mettront ainsi leur activité au service d’un apostolat particulier, aussi naturel et méritoire (certainement plus profond) que celui consacré à la lutte contre d’autres adversaires de l’Eglise, comme le spiritisme ou le protestantisme.

Exercer une influence dans les milieux catholiques et non-catholiques les plus variés afin d’alerter les esprits contre les maux du protestantisme, par exemple, est certainement légitime, et nécessaire pour une action antiprotestante intelligente et efficace. Les catholiques qui se dédient à l’apostolat de la Contre-Révolution procéderont de la même manière.

Les excès possibles de cet apostolat – qui peuvent surgir comme en tout autre apostolat – n’invalident pas le principe qui vient d’être établi. Car « abusus non tollit usum ».

D – L’action contre-révolutionnaire qui ne constitue pas un apostolat

Il y a enfin des contre-révolutionnaires qui ne font pas de l’apostolat au sens strict, car ils se consacrent à la lutte sur des terrains comme celui de la politique partisane, ou en utilisant des moyens économiques. Il s’agit d’ailleurs d’activités très importantes qui ne peuvent qu’être regardées avec sympathie.

Plinio Corrêa de Oliveira (1908 – 1995) – Révolution et Contre-révolution

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