Le Printemps maçonnique turc, par Jean-Michel Eriche

La Turquie, pour son grand mouvement de modernisation et de prodigieuse croissance en quelques années – et ce, sans dette publique – qui lui a permis de bien maîtriser la crise de 2008, pour son grand essor démographique très avantageux pour les retraites, intéresse beaucoup l’Union Européenne dans une perspective d’adhésion.

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Les négociations à ce sujet ont débuté en 2005. Or, bien que ce pays soit toujours officiellement allié de l’Occident, l’UE a tendance a le regarder de nos jours avec une certaine méfiance. Non seulement parce que la Turquie reste intransigeante face aux conditions d’adhésion mais également parce qu’un vent de douce ré-islamisation souffle actuellement sur le pays. Or, si les puissances occidentales ont eu tendance à soutenir les dernières révoltes islamistes dans le Maghreb et au Proche-Orient – intérêts sionistes voulus, ils auront un peu moins tendance à soutenir l’islamisation de la Turquie quand il s’agit de la faire adhérer à l’UE – préoccupations maçonniques voulues. L’idéal serait donc de mettre un jour un nouvel Atatürk à la place d’Erdogan, dont l’intérêt de l’Europe pour ce dernier ne se limite principalement qu’à des questions économiques et, actuellement, à la gestion du conflit syrien.

Ainsi, après que le conseil des États de l’UE – dans un communiqué du 27 mai – ait déploré que l’adhésion de la Turquie était actuellement dans l’impasse, un Printemps turc arrive à point nommé. Les motivations de la jeunesse actuellement dans la rue ? A la base, il s’agissait de contester un vaste projet immobilier, mais le mouvement se transforma rapidement en protestation libertaire et anarchiste contre la politique d’Erdogan accusé de dérives autoritaires « islamistes ». Si les choses continuent à s’embraser, une partie de l’armée turque – dont une certaine élite en son sein est historiquement très liée à la franc-maçonnerie – pourrait enfin trouver l’occasion de réagir. On se souvient que des centaines de soldats, dont des dizaines de généraux, ont été arrêtés ces dernières années dans des tentatives ratées de putschs contre l’AKP (le parti au pouvoir).

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A peine trois jours après le début des manifestations anti-Erdogan à Istanbul, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a déjà tancé l’allié turc en condamnant l’usage de la force par la police contre les protestataires. Se disant « inquiet », il en a profité pour réaffirmer l’attachement des Etats-Unis aux « libertés d’expression et de rassemblement » (sic). La diplomatie de l’Union Européenne a immédiatement suivit l’exemple en évoquant sa « vive inquiétude au sujet de la violence qui a éclaté à Istanbul et dans d’autres villes de Turquie », regrettant « l’usage disproportionné de la force par la police turque ». Nous connaissons la chanson… Bizarrement, nous n’avons pas entendu le même son de cloche quand la police républicaine passait à tabac des Prêtres et fidèles Catholiques durant les dernières manifestations contre le faux « mariage » et l’adoption sodomite !

Cela n’est évidemment pas pour autant que l’Occident appelle à la démission d’Erdogan, bien que les mots tels que « liberté d’expression » et « ouverture » reviennent dans toutes les bouches de la diplomatie européenne pour appeler à solutionner le problème. Bref, Recep Tayyip Erdogan doit encore faire des « progrès ». Or, si la Turquie reste intransigeante et qu’elle persiste à ne pas « progresser » dans les « valeurs occidentales », son adhésion s’avérera de plus en plus impossible. Ainsi, actuellement, la sémantique médiatique occidentale se montre indubitablement propice aux émeutiers favorables à la laïcité « à la turque » !

Historiquement, il faut savoir que c’est le nationalisme laïc turc, très ouvert à l’Occident, qui a fait le plus de mal aux communautés chrétiennes locales. Le génocide arménien, qui eu lieu de 1915 à 1916 – soit quelques années après la prise de pouvoir par Atatürk, est avant tout le fait de francs-maçons et d’individus au nez légèrement pointu désirant prendre la place de l’élite chrétienne. Cette haine christianophobe est toujours très cultivée par bon nombre de nationalistes turcs, pourtant pas spécialement très pratiquants de l’islam mais considérant simplement leur fausse religion comme une source d’inspiration culturelle pour la nation.

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Ainsi, contrairement à ce que beaucoup pourraient croire, il n’y a pas beaucoup de raisons de soutenir les émeutiers qui pleurnichent parce que leur gouvernement demande aux hôtesses de l’air turques de ne pas se maquiller de façon excessive dans les avions et que les vendeurs d’alcool évitent d’exercer leurs activités à la sortie des écoles… Qui plus est, Erdogan, qu’on l’apprécie ou non, s’il persiste dans ses positions, pourrait nous éviter encore longtemps une catastrophique entrée dans l’Union Européenne grâce à Dieu.

Qu’on le veuille ou non, la Turquie n’est pas une amie de l’Europe et ne le sera pas de sitôt, qu’elle soit de droite ou de gauche. Cela est inscrit dans son histoire et dans ses gênes. Que Dieu convertisse le peuple turc et qu’il daigne reconvertir les peuples d’Europe dans la vraie Foi…

Jean-Michel Eriche

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