Socialisme et christianisme sont-ils compatibles ?

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Les socialismes sont souvent présentés aux jeunes nations comme la panacée politique. Discutons-en !

Pourquoi les socialismes et non le socialisme ? Parce qu’en cette fin de XXè siècle, il existe plusieurs centaines de définitions du socialisme. Dans les années 60, au moment des indépendances, plusieurs nouveaux pays africains ou asiatiques ont songé à cette solution pour deux raisons principales : la propagande intense faite par la Russie et la Chine auprès des élites par des stages en URSS, et la prolifération de revues illustrées très bien faites, vantant les bienfaits du système socialiste.

Sékou-Touré, en Guinée, appliqua à la lettre le système. Il chassa tous les missionnaires, emprisonna l’Archevêque de Konakry, et avec ses 26 ans de tyrannie, ruina complètement le pays, ses élites, son agriculture, son économie,…

Mais il y avait d’autres socialismes en vogue. Plus modérés. On parlait de socialisme suédois, socialisme africain,…

Son Excellente Mgr Lefebvre, Archevêque de Dakar, Délégué Apostolique auprès de nombreux Etats africains à cette époque, mettait en garde du 16 mars 1961, aux années d’indépendance :

« Dire que l’on est pour un socialisme croyant ou pour un socialisme personnalisé est aisé à exprimer et signifie qu’on s’efforce de répudier un aspect du socialisme. Cependant, si l’on veut appliquer logiquement sa croyance à la vie publique et civique, il faut reconnaître à Dieu des droits sur les personnes, les familles, la société : reconnaître que ces réalités tirent de LUI (Dieu) leur origine et qu’en conséquence l’autorité des chefs de famille, des responsables de la société vient de Lui, qu’elle ne réside pas essentiellement dans le peuple – autant d’affirmations contraires à la théorie socialiste.

En fait, le socialisme n’est pas seulement areligieux, mais sa négation de Dieu lui fait remettre soi-disant au peuple souverain, en fait à l’Etat, les attributs mêmes de Dieu. Les décisions de l’Etat deviennent le fondement du droit. Aucun principe de droit n’est supérieur à celui de l’État. C’est pourquoi il légiférera sur le droit des personnes, le droit de propriété en particulier, sur les droits des familles, l’éducation des enfants, le régime matrimonial, le divorce ; sur les associations civiques, culturelles, religieuses, absolument selon son bon plaisir.

Le socialisme, qui remet tout dans les mains de l’État, étouffe la société de règlements et l’écrase d’impôts. Sa gestion, en effet, nécessite un fonctionnarisme monstrueux.

Certes, il est encourageant de constater qu’un bon nombre de gouvernements africains, tout en affirmant s’inspirer du socialisme, aient publiquement renié son athéisme. Il reste à souhaiter que cette reconnaissance de Dieu ne se limite pas au droit d’honorer Dieu publiquement, mais s’étende aussi à la reconnaissance des fondements et principes du droit naturel déposé par Dieu lui-même dans la nature des personnes, des familles, des sociétés. »

Or, il est certain que plusieurs de ces Constitutions d’Etats devenus indépendants, si elles citent Dieu en tête de ces Constitutions, violent ensuite Dieu Tout-Puissant dans leur contenu par des articles traitant du droit de propriété de la famille, du divorce, de la polygamie, de la liberté de toutes les religions, de la liberté de la presse ! C’est une contradiction blasphématoire. Car le phénomène socialiste obéit constamment aux mêmes tendances : abolition de la famille, abolition de la propriété privée, recherche d’un bien-être exclusivement matériel, négation du principe de subsidiarité, établissement d’un Etat-providence omniprésent, qui gaspille les fonds publics, étouffe toute initiative privée et conduit au totalitarisme d’Etat.

C’est pourquoi les Papes n’ont cessé de condamner le socialisme. « Si les fidèles se laissent tromper par les promoteurs des manœuvres actuelles, s’ils consentent à conspirer avec eux pour les systèmes pervers du socialisme et du communisme, qu’ils le sachent et le considèrent sérieusement : ils amassent pour eux-mêmes et auprès du divin Juge des trésors de vengeance au jour de la colère ; et en attendant, il ne sortira de cette conspiration aucun avantage temporel pour le peuple, mais bien plutôt un accroissement de misères et de calamités » (Pie IX – Nostris et Nobiscum – 8 décembre 1849)

Et terminons par Pie XI (Quadragesimo anno – 5 mai 1931) : « Le socialisme repose sur une théorie de la société inconciliable avec le christianisme authentique. Socialisme religieux, socialisme chrétien sont des contradictions : personne ne peut être en même temps bon catholique et vrai socialiste. »

Abbé Marziac – Précis de doctrine sociale pour chefs d’Etats (1991)

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