Les saintes croisades ont enfanté la découverte de l’Amérique

Colomb

« On ne cesse de nous répéter, dit M. de Maistre, qu’aucune de ces fameuses entreprises ne réussit. Sans doute aucune croisade ne réussit, les enfants même le savent, mais toutes ont réussi, et c’est ce que les hommes ne veulent pas voir. »

En effet les Papes envisagèrent toujours, dans ces pieuses expéditions, des motifs dignes d’être joints aux suggestions de leur piété. « Ces expéditions tout extravagantes qu’elles étaient, dit le protestant Robertson (Introduction à l’Histoire de Charles Quint), produisirent cependant d’heureux effets qu’on n’avait pu ni prévoir ni attendre. Il était impossible que les Croisés parcourussent tant de pays, qu’ils vissent des lois et des coutumes si diverses, sans acquérir de l’instruction et des connaissances nouvelles ; leurs vues s’étendirent, leurs préjugés s’affaiblirent, de nouvelles idées germèrent dans leurs têtes. »

Eh bien, aucune des carrières ouvertes, durant les trèves de Dieu, ne se sont refermées. Le génie de l’homme reprit possession de l’empire des mers : les ports se creusèrent et s’agrandirent ; la boussole, étoile conquise sur le ciel même, brilla à la poupe de tous les vaisseaux ; Guillaume de Tyr, Jacques de Vitry, Villehardouin, Joinville, devinrent les premiers modèle de notre littérature historique, les assises de Jérusalem le modèle des législations ; et la poésie des trouvères, éclairée d’un rayon de la poésie orientale, célébra la Foi, ses miracles et ses héros : ce fut enfin le constant désir d’atteindre l’Orient qui enfanta la découverte de l’Amérique (voyez Histoire de la Géographie des nouveaux continents de M. de Humboldt ; Vie de Christophe Colomb par Washington Irving).

Vicomte de Falloux – Saint Pie V (1840)

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