Témoignage d’une conversion

Gloria

Ce petit témoignage, je le consacre à Dieu et à la Très Sainte Vierge, et je le dédie à tous ceux et celles qui ont été trompés, trahis, égarés, par ce monde de mensonges, de violences spirituelles, de tromperies, de haines envers tout ce qui se rapporte à la vie intérieure. N’oublions jamais que le monde moderne n’est qu’un vaste complot contre toute vie intérieure, comme disait Bernanos, contre toute vie véritable en fin de compte. Je l’écris pour toute âme de feu, cherchant ardemment le beau et le juste, assoiffée de vérité, et à qui on ne donne que des miettes, que des ersatz, que des illusions. Que la Reine des Cieux, Marie, la Vierge Immaculée, daigne combler de grâces tous ceux qui liront ces lignes écrites par un indigne pécheur sous l’impulsion de la grâce venue d’en-haut.

I- L’enfance

Mon enfance s’est exclusivement déroulée dans la Nièvre, entre la banlieue populaire et peuplée majoritairement de musulmans de Nevers, et la campagne alentour. Rien ne marque plus l’enfance que les paysages qui nourrissent son imagination. La verdure, les forêts, et les vieilles églises. J’ai été élevé par deux parents trotskystes, et j’ai vite appris que la religion, Dieu, l’esprit, tout ça n’était que de la superstition visant à endormir le peuple pour mieux l’exploiter. La nation, les frontières, l’identité national, tout ça n’était que du fascisme et sentait mauvais les années 30. J’ai eu la chance d’avoir pu connaître ma grand-mère, femme discrète, exigeante, aimante, charmante, tout ce qu’un petit garçon pouvait attendre d’une grand-mère. Pas très croyante, mais respectueuse de la religion : à chaque Noël, l’Enfant-Jésus était dans sa crèche sous le sapin. Très vite, j’ai acquis beaucoup d’amour pour l’histoire, en particulier pour l’histoire antique et médiévale, intérêt suscité par de nombreux jeux PC comme la série Sierra, Stronghold, Age of Empires. Vers l’âge de 10 ans, je connaissais par cœur l’histoire des Croisades, les luttes de Philippe Auguste contre l’Angleterre et le Saint-Empire, et surtout l’épopée de Jeanne d’Arc. Bien qu’absolument athée, je ne pouvais m’empêcher d’admirer les Croisés, les Ordres Militaires, la Pucelle d’Orléans. J’ai malheureusement refermé trop vite mon cœur à ce premier éblouissement qui rejaillira des années plus tard.

J’ai passé mon adolescence à patauger dans les erreurs abjectes du matérialisme communiste. Rien, absolument rien qui puisse se rapprocher du spirituel ne pouvait effleurer mon esprit emmuré dans l’orthodoxie marxiste-léniniste : évolution, science, matière, lutte des classes, sensualisme… À dire vrai, ce que le communisme reproche au capitalisme, c’est de ne pas partager ses vices et son égoïsme avec la masse des travailleurs. Dans mon esprit, le communisme était la promesse d’un plus grand partage de la dépravation des mœurs dans un confort matériel stérilisant, tout cela drapé de rouge et de gadgets « prolétariens ». Bref, une société de robots, sans identité ni racine, interchangeables les uns avec les autres, « des tubes digestifs prolongés d’un sexe » comme l’a si joliment décrit Pierre Hillard. Pour arriver à ce cauchemar délirant, il fallait être prêt à tout sacrifier, y compris des millions d’opposants, en première ligne les catholiques : ce devait être un acte non seulement nécessaire, mais même rédempteur. Pour faire table du passé, la terre devait être arrosée du sang des « réactionnaires ». N’est-ce pas ce que désire, au plus profond de son cœur malade, tout adorateur fanatique du dieu Progrès ?

Pourtant, dans l’histoire du communisme, que de personnages fascinants ! Je pense sincèrement que si Robespierre et Lénine avaient été catholiques, ils auraient été des saints. Hélas ! ces derniers ont consacré leur misérable existence à diviniser une chimère à deux têtes, la Révolution et l’Utopie, dont le trône s’est élevé sur des monceaux de cadavres.

II- Bouleversements

C’est un fait constatable par beaucoup qu’une minute de réflexion sérieuse suffit à mettre à mal le mythe matérialiste qui veut tout expliquer par le hasard, la science, la matière et l’évolution automatique de celle-ci. C’est ce qui m’est arrivé à l’âge de 16 ans. Le monde moderne est incapable de donner les réponses aux mystères les plus capitaux de la vie humaine, étant donné qu’il veut nier l’existence même des ces mystères ! Qu’est-ce que la vie ? À quoi cela sert-il de vivre ? Qu’est-ce que la mort ? Y-a-t-il une vie après la mort ? Et s’il n’y a rien après la mort, que deviennent toutes nos facultés non physiques : l’intelligence, la volonté, la mémoire, l’imagination, les rêves ? Et si le monde s’explique par une évolution permanente, comment se fait-il que le vivant a pu émerger de ce qui ne l’était pas ? Et l’univers, comment a-t-il pu se créer, se répandre, et donner naissance à cet être si complexe qu’est l’être humain ? Ne sommes-nous qu’un amas de cellules, de simples animaux améliorés par le hasard ? Ne sommes-nous que le fruit du hasard ? Si tel est le cas, à quoi bon vivre, à quoi bon respecter des codes sociaux, à quoi bon aimer, être gentil, être poli, être héroïque, puisque tout cela finira en pourriture dans un caniveau !

Toutes ces questions raisonnaient en moi mais ne trouvaient aucune réponse. En classe de Première Littéraire, j’ai eu la chance d’avoir un remarquable professeur de français qui m’a introduit à Pascal et Malraux et leurs problématiques sur la condition humaine, à Rousseau et surtout à Platon. Arrivé à l’âge de 17 ans, je me décidais à lire La République du philosophe grec, et j’ai été tout simplement ébloui. Peu après, je me suis mis à lire la quasi-totalité des œuvres du fondateur de l’Académie. Platon me présentait un monde que je ne connaissais pas, celui des principes, confirmés par la raison et l’expérience pratique. Le Juste, le Bien, le Beau, le Vrai, voilà ce que je recherchais. Et surtout, Platon démontre l’existence de l’âme, que cette âme a une vie et une destinée après la mort, qu’elle sera jugée sur les actes qu’elle a posés durant sa vie terrestre. Après lui, je lisais Pascal, Sénèque, Descartes, je m’intéressais aux doctrines des philosophes comme saint Thomas d’Aquin, saint Augustin, Leibniz, Spinoza, Kierkegaard. L’existence de Dieu était désormais indubitable ; c’était clair, net, précis. Mais ce Dieu, qui était-il ? Était-il un simple Grand Architecte, le savant Horloger de Voltaire ? Laissant de côté cette question en Terminale, j’ai été frappé par les trois grandes questions kantiennes : Que puis-je connaître ? Que dois-je faire ? Que puis-je espérer ? Kant les résolvait par la raison seule. Or, force m’était de constater que la raison seule ne résolvait rien, mais aggravait les problèmes en les enfermant dans l’orgueil. Et la raison, les impératifs, les catégories, tout cela était bien peu pour donner la clé du sens de la vie et le désir d’amour qui peut habiter le cœur d’un homme !

Entre la Première et la Terminale, j’ai été prendre une année sabbatique en Corée. Depuis l’âge de 14 ans, je suis tombé follement amoureux de ce pays, je ne sais trop pourquoi : sa culture, son histoire, son peuple, sa langue ne peuvent que fasciner une imagination trop impressionnable. Trouvant la vie adolescente plutôt ennuyeuse en France, je décidais de partir pendant huit mois, de février à octobre 2011, au Pays du Matin Clair et Frais dans le cadre d’une association d’échanges internationaux, YFU. J’habitais dans une famille d’accueil dans la province au nord de Séoul, dans la village de Bongilcheon. En Corée, les protestants représentent 20 % de la population et font preuve d’un prosélytisme très agressif. Les catholiques sont estimés à 10 % et le contraste est flagrant entre les deux confessions chrétiennes. Les catholiques ont une excellente réputation en Corée du fait de leurs œuvres sociales. Pour essayer de me socialiser, on m’a conseillé de me rendre dans une église protestante : j’y suis allé trois fois et l’hystérie qui y régnait mêlée à l’atmosphère irrespirable du « culte » qui consistait en chants stupides et en prêches ridicules m’ont définitivement détourné de la religion protestante. Je décidais de m’intéresser aux catholiques, du fait de leur bien meilleure réputation et de la proximité de la religion catholique avec la France. Un doux matin de dimanche de juin 2011, je prenais le chemin de la chapelle de Bongilcheon. La première personne à m’accueillir fut une statue de Notre-Dame de Lourdes placée à l’extérieur. L’intérieur de la chapelle est sobre, d’un blanc apaisant ; le blanc est omniprésent : nappes d’autel, plafond, lumières, mantilles que toutes les Coréennes catholiques portent sur leur chef. Et se distingue, au milieu de cette blancheur, un grand crucifix en bois : c’est Lui, il me fixe ; je ne Le connais pas, mais Lui me connaît déjà sans que je m’en rende vraiment compte. Ici, tout transpire la paix et la joie, douce et retenue. La Corée a réalisé ce miracle qui a été de me faire respecter la religion catholique. Peu à peu, au fil des dimanches, le respect se transforme en affection. Sans le savoir, une brèche était ouverte en mon cœur d’acier et rien ne pourra la refermer. Je quittais la Corée fin octobre 2011 pour rejoindre la France et aller passer l’année de Terminale.

Cette même année de Terminale, Rabelais était au programme, et le même professeur de français nous distribuait des fiches de commentateurs ; sur l’une d’elles étaient marqués les noms de plusieurs grands artistes et poètes de l’histoire, et parmi ces noms s’en trouvait un qui m’était inconnu : Thérèse d’Avila. Je m’empressais, une fois de retour chez moi, d’aller chercher qui était cette Thérèse. Religieuse espagnole du XVIe siècle, réformatrice du Carmel, grande mystique, docteur de l’Église. Ah ! Tout de suite, la vie de cette grande religieuse a capté mon attention, notamment dans son brûlant désir d’amour mystique. N’était-ce pas le remède au mal-être d’un adolescent en manque d’amour ? Dans le même cours de français sur Rabelais, notre professeur nous exhortait vivement à nous intéresser à la vie et à la doctrine de saint Paul, puisque Rabelais lui-même se réclamait du paulinisme en vogue chez les humanistes. Honnêtement, je ne savais guère qui était ce Paul. Le premier Pape ? Ah non, c’est saint Pierre ! Je menais une nouvelle recherche. Quel ne fut pas mon étonnement ! Le chemin de Damas, la conversion, les parcours innombrables sur les voies romaines pour annoncer la Bonne Nouvelle, voilà bien une vie exaltante ! Pour enfoncer le clou, notre professeur a même eu l’amabilité de nous faire un petit cours sur la scolastique. Décidément, ces gens du Moyen-Âge étaient loin d’être des abrutis !

III- Le Chemin, la Vérité et la Vie

Pourtant, probablement trop absorbé par le Bac, je n’arrivais toujours pas à faire le lien entre le christianisme et les questions existentielles qui se posaient à ma pauvre intelligence. Et c’est alors que, au mois de mai-juin 2012, je ne m’explique pas trop comment, j’en venais à la conclusion que le Dieu que je cherchais était Jésus-Christ et que celui-ci apportait toutes les réponses aux questions les plus fondamentales qui torturaient mon esprit. Je m’intéressais un peu de plus près à Thérèse d’Avila, à l’amour auquel elle a tant aspiré et auquel elle a tout sacrifié, et ce fut alors clair comme l’eau de roche : « La solution de tous nos problèmes, c’est le Christ ! » Saint Jean Chrysostome.

Le Bac passé, j’ai consacré mon été à écouter et lire sur internet tout ce qui pouvait se rapporter à Jésus-Christ et à l’Église Catholique. Je découvrais au passage Alain Soral et Marion Sigaut qui m’ont vacciné contre toutes les pourritures modernes, contre la tromperie des Lumières, contre les mensonges et mythes officiels. Je découvrais que derrière le capitalisme et le communisme se cachaient « les piétons de la Mer Rouge » (citation de Mgr Williamson), ennemis de Jésus-Christ qu’ils ont renié alors qu’Il était leur Roi légitime. Tiens donc, Jésus-Christ est Roi ? Ce n’est donc pas un hippie cool et sympa ? Non. L’une des premières images qui m’a le plus fait aimer Jésus-Christ, c’est cette célèbre image du Christ-Roi coiffé de la tiare. Le raisonnement est simple : Jésus-Christ est amour et justice. Or l’amour et la justice, au sens le plus noble, sont ce qui manquent le plus à nos sociétés modernes. Donc Jésus-Christ doit régner, dans l’individu et dans la société. CQFD. Le Christ-Roi, c’est le Bien, la Justice et la Charité érigés en principes sociaux, dont le grand exemple a été le règne de saint Louis. C’est la conclusion de la lecture de Platon. La boucle est bouclée : la raison aboutit à la Foi. Plus besoin des rêves bolchéviks pour résoudre les problèmes sociaux, Dieu seul suffit comme disait saint Thérèse. « Sans Moi vous ne pouvez rien faire. » La première prière que j’ai apprise, c’est le Credo de Nicée-Constantinople : désormais je crois comme l’Église, fondée par Jésus-Christ, croit. Je crois comme ont cru mes ancêtres catholiques. Je crois comme Dieu veut que je crois. Je crois comme croyaient les premiers amis de mon enfance : les Croisés, les Ordres Militaires, Jeanne d’Arc, ou plutôt SAINTE Jeanne d’Arc. Il fallait désormais vivre cette foi.

En septembre 2012, j’entrais en classe prépa littéraire à Lyon. Je me rendais à la « messe » (moderniste) tous les dimanches. Puis s’est posée la question du baptême. En février 2013, après avoir écouté sur Internet une conférence de Marion Sigaut et de Johan Livernette, je me décidais de contacter ce dernier à ce sujet. Il me mit en relation avec un prêtre traditionaliste, l’abbé Jean-Luc Lafitte. Celui-ci me conseilla deux choses : étudier le Catéchisme du Concile de Trente, et aller demander le baptême à un prêtre fidèle à la Tradition. J’avais vaguement entendu parler des problèmes entre modernistes et traditionalistes, sans plus. Je suivais son premier conseil, par amour des textes anciens, d’autant plus que ce Catéchisme du XVIe siècle est rédigé dans une langue savoureuse et sans détour. Malheureusement, par fausse prudence, je n’ai pas suivi le second conseil. J’ai été demandé le baptême dans une paroisse moderniste de Lyon. C’est très simple : je n’y ai rien appris. La Foi que m’enseignait le Catéchisme du Concile de Trente ne se retrouvait pas dans celle qui était enseignée et vécue dans cette paroisse, pas plus que dans les autres qu’il m’arrivait de fréquenter. Peu à peu, je commençais à prendre conscience qu’il y avait un petit problème. Dans l’église moderne, on occulte partiellement ou totalement la Croix, la pénitence, l’exigence de la vie chrétienne, l’exemple des saints, et surtout le complot maçonnique et le problème juif. L’Église n’a-t-elle donc plus d’ennemis ? Est-elle devenue l’amie du monde ? Et pourquoi une messe moderne, celle de Paul VI, alors que la Sainte Messe de saint Pie V ne posait pas de problèmes, et demeure un véritable trésor culturel et spirituel ? Cette messe n’était-elle pas celle de mes ancêtres, des saints, des papes, de l’Église ? Toutes ces questions se remuaient dans ma tête. Dans le même temps, je commençais la lecture des Évangiles de saint Marc et de saint Luc. Jamais je n’avais lu quelque chose de semblable. Rien n’égalait le style, la puissance et la finesse de ce qui était raconté. Oui, l’Évangile était bien la Bonne Nouvelle apportée aux hommes de bonne volonté. Qu’ont d’ailleurs fait les saints à travers les âges, si ce n’est appliquer à la lettre l’Évangile ?

Au cours de cette même année, il y a eu le phénomène de la Manif’ pour Tous. Évidemment, la loi Taubira, bien décortiquée par la « dissidence », est une horreur, une insulte, une honte. Seulement, la Manif’ pour Tous s’y opposait pour des raisons qui me semblaient peu claires. Au nom de quoi ? La République, la respectabilité bourgeoise, la démocratie ? C’est bien peu. Et quand on voit que ce sont les grands pontes de la droite libérale sarkozyste qui menaient les défilés, cela ne me donnait absolument pas envie d’être mêlé avec ces gens-là, carriéristes, menteurs, se fichant pas mal de la famille et de son bien-être, eux qui ont mis au chômage des milliers de travailleurs français, plongeant dans la précarité des familles entières ! Et ces manifestations, où se pressaient les « cathos » bon chic bon genre, n’avaient rien de cohérent. On est contre le mariage homo, mais on est pour la République et les droits de l’homme ! Ces gens-là étaient-ils pour le Christ-Roi ? Étaient-ils pour l’interdiction de l’usure ? Étaient-ils pour la fermeture pure et simple des lieux de débauche et de leur équivalent spirituel : les loges maçonniques ? Non. Du bruit pour rien.

IV- Interrogations

Je me préparais donc à recevoir le baptême à partir de l’automne 2013. On ne m’enseignait que du vent subjectiviste : « Tu penses quoi de… Penses-tu que… Crois-tu que… ? » Mais tout cela c’est à vous de me le dire ! Je suis un élève, pas le détenteur d’un Master en science infuse ! Vraiment, je commençais à me lasser de ce subjectivisme sentimentaliste ringard. Heureusement, je découvrais parallèlement l’existence de la Tradition, de Mgr Lefebvre, et, sans trop creuser, j’étais d’accord avec eux : il y a de graves problèmes dans l’Église, et cela ne m’eût pas étonné que quelques loges maçonniques tirassent les ficelles du Vatican… Au printemps 2014, les canonisations de Jean XXIII et Jean-Paul II approchaient. Elles étaient prévues pour le 27 avril. Je n’ai jamais eu aucune affection particulière pour ces deux hommes. Jean-Paul II avait toujours été pour moi un libéral conservateur, sorte d’idole pour bobos de droite genre Manif’ pour Tous. Quant à Jean XXIII, j’ignorais le fait que poser son gros derrière sur le trône de saint Pierre comme conclusion d’une brillante carrière constituait un motif de sainteté ! Plus sérieusement, vouloir concilier l’Église du Christ avec le monde antichrist des années 60 n’avait à mes yeux rien d’héroïque ou de prophétique : vouloir ouvrir les portes de la forteresse assiégée par des ennemis rusés et pervers n’était ni plus ni moins qu’une haute-trahison. La Providence allait me donner un coup de pouce pour mieux comprendre le cas de Jean-Paul II. J’allais prier dans une église lyonnaise, et en sortant je voyais sur une table de presse des plaquettes intitulées « Jean-Paul II, un saint nouveau ? » Tout de suite, je me suis dit que ce devait être quelque fidèle de la Fraternité Saint-Pie X qui les avait posées là. Je commençais à lire, avant d’être perturbé par le curé de la paroisse venu prendre ces plaquettes et les jeter à la poubelle sous mes yeux : « Ces documents ne sont pas de la paroisse. » J’avais deviné. Je me retirais avec l’exemplaire que je lisais et continuais ma lecture chez moi. C’est alors que toutes mes illusions se sont effondrées. J’ai alors compris les scandales de l’œcuménisme fondé sur le prétendu « dialogue » avec les fausses religions, les sectes protestantes, l’admiration béate des Juifs. J’ai alors compris que la liberté religieuse, principe maçonnique, était incompatible avec le Christ-Roi. J’ai alors compris que l’Église était tombée aux mains de ses ennemis. Je continuais de résister intérieurement, en essayant d’aller chercher des réponses chez les conciliaires conservateurs et chez les tradis ralliés à Rome.

V- Conversion finale

Toutefois l’évidence était trop flagrante. En juin 2014, ayant du temps libre, je me décidais de lire les grandes encycliques pontificales du XIXe et du début du XXe dont se réclamaient les traditionalistes. J’ai été tout simplement ébloui par la simplicité, la fermeté, la droiture et la clarté de la doctrine enseignée par les papes Grégoire XVI, Pie IX, Léon XIII, Saint Pie X, Pie XI et Pie XII. Les fruits de cette doctrine furent une Église fervente, missionnaire, aux églises pleines et aux séminaires pleins, sachant reconnaître ses ennemis révolutionnaires, maçons, communistes, et rétablissant des États catholiques en Espagne, au Portugal, en Amérique Latine. Bref, les fruits totalement inverses de 50 ans d’innovations conciliaires qui ont engendré une apostasie générale et un endormissement inquiétant de la Foi. C’en était trop ; je quittais sans rien dire cette fausse église apostate et allait demander le baptême au prieur de la FSSPX de Lyon. Je me souviendrai toujours de cette Messe du 3 septembre 2014, fête de saint Pie X, à l’issue de laquelle la chapelle entière entonna le Sancte Pie Decime. À ce moment-là, malgré mes quelques réticences persistantes, il était évident que j’avais trouvé ma place au sein de la Tradition Catholique. J’étais chez moi.

Et le 5 avril 2015, jour de Pâque, je recevais le Saint Baptême et devenais enfin enfant de Dieu et fils de l’Église. Le plus beau jour de ma vie.

Au sein de la Tradition Catholique, j’ai retrouvé ce que je cherchais au moment du bouleversement de l’été 2012 : la vraie Foi, la vraie Charité, le Christ-Roi, la vraie messe, l’intransigeance doctrinale, le mystère de la Croix. Ce serait trop long d’exposer toutes les richesses que je découvre depuis deux ans maintenant, et en premier lieu les personnes de la Tradition elles-mêmes. Beaucoup combattent courageusement depuis des décennies pour conserver la Foi et la transmettre à leurs enfants. Que de sacrifices consenties pour cette œuvre colossale et surhumaine ! On a souvent accusé les catholiques fidèles à la Tradition d’être « sectaires ». L’expérience prouve le contraire. Dans l’église conciliaire, on érige comme modèle Michel-Marie Zanotti-Sorkine, prêtre (si son ordination est valide) du centre de Marseille qui a fait revivre sa paroisse en quelques années. Certes, le travail de l’abbé Zanotti-Sorkine est remarquable, à grand renfort néanmoins, il faut le remarquer, d’un bruyant tapage médiatique et d’un sentimentalisme dégoulinant. Chez lui, on ne parlera ni du modernisme, ni de la maçonnerie, ni des horreurs oecuménistes. Peu importe, il fait des conversions, me direz-vous ! Mais un prêtre isolé dans la campagne bordelaise, traditionnel jusqu’à la moelle, réalise un travail missionnaire tout aussi remarquable, sans grand moyen médiatique si ce n’est un site internet rudimentaire et la prédication des Exercices Spirituels de St-Ignace. Résultat : 17 baptêmes d’adultes en 2015, dans un petit village perdu au milieu des vignes au bord de la Garonne. Ce prêtre s’appelle Jean-Luc Lafitte, ordonné à Écône en 1979. Nous ne sommes ni au centre d’une grande-ville, ni dans une église brillante et spacieuse, mais dans la petite chapelle d’un prêtre fermement attaché au roc invincible de la vraie Foi Catholique. Voilà ce que j’appelle un miracle !

Je n’ai pas encore évoqué mes sentiments vis-à-vis du locataire actuel du Vatican, l’inénarrable François. Une simple anecdote suffira. Janvier 2016. Nouvelle vidéo oecuménique de François, répétant comme une litanie sacrée son nouveau credo : « je crois en l’amour ». L’amour ! L’amour ! Les coprolithes apostats du Vatican n’ont plus que ça dans la bouche : ils croient en l’amour ! Allons donc ! Moi aussi, je crois en l’amour ; seulement cet amour en lequel je crois et que je confesse, il a un Nom propre, il a un Visage, il a une Parole : cet amour, c’est Jésus-Christ ; cet amour, il a un Corps glorieux, celui de Jésus-Christ ; cet amour, il a un Corps mystique, la sainte Église Catholique Romaine. Dieu est Amour, et seul le vrai Dieu trinitaire, le Dieu catholique, est véritablement amour, ce que les baratineurs du Vatican ne comprennent pas, plongés comme ils sont dans leurs délires de postulants francs-maçons. 2016 commence drôlement bien : les amoureux romains viennent de me donner une nouvelle bonne raison de les fuir.

Le plus triste dans toute cette histoire, ce sont tous nos frères et sœurs convertis au catholicisme, après avoir quitté toutes ces fausses religions, notamment l’Islam, et qui ont été profondément choqués, blessés et scandalisés par cette nouvelle mascarade moderniste. Beaucoup après ce scandale public sont tentés d’apostasier, et François, le « miséricordieux » François, devra porter la lourde responsabilité devant l’Église d’une telle insulte à la divinité de Jésus-Christ. Me revient alors à l’esprit le souverain avertissement de Jésus : « Celui qui scandalisera un seul de ces petits… »

Kyrie eleison.

VI- N’ayez pas peur

Face à l’apostasie générale qui menace notre monde, j’aimerais envoyer un signal d’alarme aux fidèles de la Tradition, en particulier à la jeunesse catholique. Je sais, je l’ai vu, beaucoup se dévouent, dans les Confréries, les Tiers-Ordres, le MJCF, la Légion de Marie. Mais hélas ! Cela est trop peu face à la tâche immense qui repose sur nos épaules et que le Seigneur nous a confiée. Par pitié, que nos jeunes ne deviennent pas, comme le dit Bernanos dans Les Grands Cimetières sous la Lune, « ces cornichons sans sève, que les curés font pousser dans des petits pots, à l’abri des courants d’air. » On sait bien que ce genre de mauvaise herbe n’a aucune chance de survivre une fois engloutie dans la boue du monde moderne. Seuls des chênes forts, solidement enracinés dans la Foi et la Charité, peuvent braver les vents contraires et attirer à eux les oiseaux perdus en quête de refuge. Soyons ces chênes, et allons sauver les petits oiseaux que sont nos frères et nos sœurs qui ne connaissent pas Notre-Seigneur Jésus-Christ et les trésors infinis de la vraie Foi Catholique. Si jamais votre Foi chancelle, si jamais votre Charité s’attiédit (malheur aux tièdes que Dieu vomit!), si jamais vous êtes un nouveau Catholique comme moi, alors n’hésitez pas : prenez cinq jours et faîtes les Exercices Spirituels de St-Ignace, prêchés par la FSSPX ou par l’abbé Lafitte. Vous y trouverez la recette miracle, concoctée spécialement par la Mère de Dieu, pour devenir des âmes ferventes, pour devenir des héros de la Foi, pour devenir des Saints.

J’ai souvent été attristé de voir des gauchistes, des témoins de Jéhovah et autres sectes néfastes faire beaucoup d’apostolat à la sortie des lycées, universités, métros etc. Mais où étaient les Catholiques traditionnels ? L’erreur se répand partout, et personne ou presque n’apporte le contre-poison. Aurions-nous peur de déplaire au Monde et de nous montrer tels que nous sommes ? Aurions-nous peur de chasser les marchands du Temple, ces corrupteurs de la jeunesse, ces petits pions du diable ? Aurions-nous honte de Notre-Seigneur Jésus-Christ ? Il est venu allumer un feu sur la terre, et c’est à nous de faire en sorte que ce feu embrase à nouveau les cœurs, en particulier les cœurs français.

« Et il répondit: Je vous le dis, s’ils se taisent, les pierres crieront! » (Luc 19;40). En effet, depuis plusieurs décennies, les disciples du Seigneur semblent s’être tus. Mais la pierre, elle, parle. Promenons-nous en ville, promenons-nous à la campagne, et nous y trouverons cathédrales, basiliques, églises, chapelles, statues, calvaires, qui rappellent à notre conscience quelque peu endormie que notre bonne terre française est une terre sanctifiée, une terre catholique, une terre qui a un propriétaire légitime même si on a effacé son nom des titres de propriété (Constitution, lois, règlements…). La France est catholique ; seuls un petit-bourgeois gauchiste de centre-ville, ou bien un Franc-Maçon pervers stipendié par le Juif, oseraient le nier !

« Vous serez davantage de votre pays, à mesure que vous serez plus chrétien. » Cardinal Pie. La rechristianisation, la réévangélisation, constitue pour un Français une réconciliation charnelle avec ses racines ; un remède formidable, et même le plus efficace et salutaire, contre l’aliénation libérale et usurière qui dévore la France et son peuple depuis deux siècles et demi. Devenir catholique, un vrai catholique, revient à rompre avec toutes ses vieilles habitudes accumulées par des années de matérialisme, tuer le vieil homme pour faire naître l’homme nouveau racheté par le Précieux Sang du Christ. Prier, aller à la Sainte Messe, observer les Commandements, vivre des Béatitudes, réprimer le vice, embrasser la vertu, aimer son prochain même lorsque celui-ci est agaçant, voilà ce qui est vraiment un acte révolutionnaire en notre époque de ténèbres ! Autant je peux comprendre qu’une conversion au christianisme soit un déchirement pour une personne originaire d’un pays non-chrétien, autant la conversion d’une personne venant d’un pays aux racines chrétiennes évidentes n’a rien d’un déchirement ou d’une révolte, celle-ci s’impose au contraire comme la recomposition d’une harmonie intérieure indispensable au bonheur véritable qu’il soit terrestre ou céleste. Non seulement croire au Christ nous réconcilie avec Dieu et son Royaume, mais aussi avec notre passé si glorieux et si ignoblement renié et occulté.

Peuple de France, renoue avec la gloire de tes pères, redeviens catholique ! Gesta Dei per Francos.

Azarias des Eduens

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