Louis-Ferdinand Céline : « La conscience de classe est une foutaise »

La conscience de classe est une foutaise, une démagogique convention. Chaque ouvrier ne demande qu’à sortir de sa classe ouvrière, qu’à devenir bourgeois, le plus individuellement possible, bourgeois avec tous les privilèges, les plus exécrables, les mêmes égoïsmes implacables, les mêmes préjugés, renforcés, les mêmes singeries, toutes les tares, la même avarice et puis alors une de ces haines pour la classe ouvrière ! Le prolétaire, le militant le plus ardent, il a envie de partager avec son frère damné de classe, à peu près comme le gagnant à la loterie nationale, il a envie de partager avec tous ceux qui ont perdu. Il veut bien partager la merde ce prolétaire, mais pas le gâteau. Il donnerait même bien à ses frères de classe toute la merde pour avoir tout seul tout le gâteau.

Sa ventripotence juive Jouhaux, avant de devenir empereur à la C.G.T., il avouait assez carrément ne l’avoir jamais rencontrée, la conscience de classe. Elle a donc surgi depuis peu la conscience de classe ? Ça m’étonnerait, j’ai rien vu. Pas plus de communisme véritable dans les classes prolétariennes que de pâquerettes au Sahara.

Louis-Ferdinand Céline – L’école des cadavres (1938)

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