La raison, auxiliaire fondamental de la foi

Les dogmes vont avec la Révélation. Y a-t-il une pensée uniquement médiévale pour ceci ? Qu’en est-il des mystères de la foi ? Si le spirituel était omniprésent au Moyen Âge, la raison était-elle pour autant écartée ?

Considérons les propos du professeur de philosophie Louis Jugnet : « À l’intérieur de la foi elle-même, la raison intervient encore très utilement. Si elle ne peut démontrer le mystère, elle peut en revanche montrer que celui-ci n’est ni absurde, ni contradictoire, et cela présente une très grande utilité apologétique, puisque la plupart des gens qui rejettent le catholicisme le font parce qu’ils trouvent absurdes les dogmes chrétiens (péché originel, Incarnation, etc.). Utilisant des notions empruntées à cette philosophie grecque qu’un de ses adversaires, Bergson, appelle “la métaphysique naturelle de l’intelligence humaine”, on peut montrer par exemple que le mystère de la Trinité n’est nullement contraire au principe d’identité (ou de contradiction). En effet, celui-ci nous apprend qu’une chose ne peut être en même temps elle-même et son opposé, sous le même rapport, c’est-à-dire au même point de vue. Or, il y a unité de nature (ou d’essence) en Dieu et Trinité de personnes : Dieu est unité à un certain point de vue et Trinité à un autre point de vue. La raison humaine ne saurait épuiser le mystère. Mais elle ne se trouve pas devant un néant de pensée. (…) Nous ne connaissons pas le détail des intentions divines. Cependant, nous pouvons donner des arguments de convenance, plus ou moins probants selon le cas, des agissements divins. »

Louis Jugnet, Catholicisme, foi et problème religieux, éditions de Chiré, Chiré-en-Montreuil, 2014, p. 30 cité in La synthèse du monde montre son système, Jérémy Austin, p. 18.

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