Le père Joaquin Saenz y Arriaga sur la doctrine du moindre mal dans les choses de Dieu

Le père Saenz y Arriaga n’y allait pas de main morte avec les modérés. Dans ces choses de Dieu, dans ce qui est divin, on ne peut être modéré, parce que Dieu est infini :

« Ayant épuisé l’opportunité d’une dévotion excessive pour le pape, certains théologiens sont tombés sur une troisième ligne défensive, qui, dès l’origine, était loin du conseil évangélique que « la vérité vous rendra libre ». Cette troisième ligne de défense est une fausse version de la « doctrine du moindre mal ». La doctrine du moindre mal, le péché capital dans notre religion, dans la politique et dans l’histoire, est revenu avec ce plan d’action : « Certes, nous reconnaissons que le Concile [Vatican II] et le pontificat de « Paul VI » ont donné des fruits amers, mais le proclamer et essayer de les guérir serait encore pire ; il vaut mieux nous dissimuler, céder et attendre tranquillement que notre Seigneur Dieu résolve le problème… » (nouveau divinisme [néo-quiétisme]). La doctrine morale du moindre mal déclare que lorsqu’il n’y a pas d’autre remède, quand il est absolument inévitable de choisir entre deux maux, alors, et alors seulement, le moindre mal doit être tranquillement accepté, mais avec la volonté de s’en débarrasser lorsque ce sera possible. Nous devons préciser s’il existe ou non une solution différente à la rébellion scandaleuse et l’acceptation résignée de l’« auto-démolition ». Au cas où il n’y a pas d’autre issue, nous devrions discerner lequel des deux moyens est vraiment le moins mauvais. Je crois qu’il y a une troisième issue, celle de l’art du subterfuge : obéir, mais ne rien accomplir, faire tout ce qui n’est pas expressément interdit et qui symbolise l’esprit de la véritable Église, offrir des services légaux, résistance active et passive aux innovations progressistes, et de perdre du temps et attendre que le personnel et ses idées changent. Si cette solution était pleinement exploitée, il suffirait probablement de nous délivrer du danger. »

Extrait de La nouvelle église montinienne, Père Saenz y Arriaga (prêtre jésuite mexicain, docteur en théologie, qui connut et fit partie des Cristeros, un des premiers prêtre catholique à avoir déclaré le Siège de Pierre vacant), 1971.

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